Il s'agit du 62e ballon du Siège. Le Ballon La Poste de Paris atterrit à seulement 7km de la frontière de Prusse, à Merselo en Hollande!
Le journal "Dépêche Ballon" est tout particulièrement intéressant, tout comme la correspondance qui l'accompagne.
Voici la retranscription du texte manuscrit figurant sur la lettre principale :
Paris, 16 janvier 1871.
Mademoiselle Marie,
Je vous fais parvenir de nos nouvelles par le moyen de ce nouvel envoi mal clos. Depuis le siège de Paris j'ai choisi la méthode la plus intéressante, puisqu'il s'agit le bombardement de Paris, vous savez en effet que le bombardement des forts a commencé le 30 du mois dernier, et le 5 janvier dans l'intérieur de Paris. Depuis ce moment des Prussiens nous meurtrissent tous les jours et généralement la nuit. Nos forts et nos batteries de l'enceinte ripostent. Dans les jours d'armement les prussiens ne peuvent pas user de [canon] pendant vingt-quatre heures. Les Prussiens n'ont fait aucune sommation d'avoir à faire partir les femmes, les vieillards, les enfants et les étrangers avant de commencer le bombardement. De là une protestation de tous les membres du corps diplomatique résidant à Paris. Au moment où je vous écris nos forts et nos batteries tirent avec vigueur, voilà le 11e jour du bombardement, jusqu'ici les dégâts sont peu considérables. Les Prussiens, comme vous le verrez dans les journaux, tirent avec le plus grand acharnement, dans des moments oubliés tels que nos hôpitaux, églises, salles dans le collège. Dans notre quartier les obus n'ont pas dépassé [...], c'est la partie la plus dangereuse de tous côtés. Je crois que nous n'aurions rien à craindre de ce bombardement tant que les Prussiens ne seront pas maîtres des forts de Bicêtre. Cependant leurs obus tombent dans le Jardin des Plantes, près du Pont d'Austerlitz et la Gare d'Orléans, ils n'ont pas traversé la Seine. Nous comptons jusqu'au 16, 51 personnes de tuées et 138 blessées, la plupart ce sont des femmes et des enfants. Nous attendons patiemment les armées de province pour venir à notre secours. Nous avons tant troupes de ligne, mobiles et gardes nationaux mobilisés 300 000 hommes, ajoutez à cela 300 000 de troupes de réserve. Vous voyez d'après ce chiffre respectable de 600 000 que les Prussiens ne nous prendront pas d'assaut. Seulement nos vivres commencent à devenir rares ; depuis 2 mois nous sommes à la ration de viande ; dans notre quartier nous avons de la viande tous les 4 jours à raison de 30 grammes par personne. Faut-il devoir dire que c'est du cheval que nous mangeons.
J'espère, Mademoiselle Marie, que vous êtes en bonne santé, ainsi que Mlle Caroline. Quant à nous, nous allons bien, ma femme et moi. Mon oncle a une fluxion occasionnée par les grands froids que nous avons endurés. La Seine a été prise et pendant plusieurs jours nous avons eu souvent de 9 à 14 degrés de froid. Aujourd'hui 16, la température se met au dégel. Ma femme et ma fille se joignent à moi pour vous présenter ainsi qu'à Mlle Caroline tous nos vœux de bonne année.
Votre tout dévoué,
Gellise
La famille Paradis va bien.
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